Kamaal Williams et le Moog : héritage du jazz-funk
Si un nom symbolise la jonction entre le jazz classique, le groove UK et la pulsation électronique, c’est bien celui de Kamaal Williams. Sur scène, son MiniMoog n’est jamais loin. Ce son rond, gras, presque viscéral, qui zigzague dans ses solos ou caresse la basse, est la signature de ce musicien nourri à l’électro londonienne mais héritier des sorciers du jazz fusion. Son album “The Return” (2018) en est truffé ; il y captive, comme un clin d’œil à Herbie Hancock sur “Chameleon” — le son du Moog bat encore, toujours hardi, toujours libre.
Jacob Collier et le Rhodes : la machine à stories
L’enfant prodige anglais a grandi avec YouTube, mais derrière chaque “loop” ou progression d’accords flamboyante, on retrouve souvent un bon vieux Rhodes ou un Chroma. Collier joue avec les textures historiques du Fender Rhodes, héritées de Joe Zawinul (Weather Report) ou Chick Corea, tout en leur insufflant une fraîcheur pop et geek. Lors de ses concerts, il dit souvent que “le Rhodes, c’est du miel chaud sous les doigts”. Source : Red Bull Music.
Cory Henry, entre Moog et la soul moderne
Claviériste de génie proche de la galaxie Snarky Puppy, Cory Henry use du MiniMoog pour façonner des solos qui ont la grâce du gospel mais aussi le punch de la funk la plus dure. En live, il ose des battle avec des bassistes qui peinent parfois à rivaliser avec la “grosse caisse” du Moog. Pour lui, ce synthé n’est pas un gadget vintage : c’est un instrument central, comme un sax ou un piano.
Alfa Mist, explorateur urbain avec l’ARP Odyssey
Londres, nuit d’hiver, une salle obscure. Alfa Mist s’installe, l’Odyssey posé à portée de main. Dans ses productions, ce synthétiseur vintage est utilisé pour sculpter des sons atmosphériques, parfois percussifs, qui citent autant le hip-hop que l’afro-jazz. Sur son album “Structuralism” (2019), certains solos semblent dialoguer directement avec les expérimentateurs des 70’s.