Ce qui frappe dans ce jazz des années multiples, c’est son aptitude animale à changer de peau : un art de la mutation, de la collision, toujours plus vaste et poreux. Il s’aventure, par tous les moyens – du vinyl au CD, du studio classique aux samples numériques – vers de nouveaux territoires, ébranle les frontières du possible.
D’un club enfumé de New York au dancefloor londonien, d’un village du Mali à une plage brésilienne, le jazz s’est réinventé – gagnant en pluralité ce qu’il a pu perdre en certitudes.
Écoutez aujourd’hui un disque de Kamasi Washington, d’Esperanza Spalding, un remix de Gilles Peterson, ou un beat de Madlib : l’écho de ces révolutions 80-90 y pulse encore. Car ici, le voyage importe plus que la destination : le jazz, c’est une promesse de mouvement perpétuel.