L’arrivée de l’électronique dans le jazz n’est pas passée inaperçue. Pour certains, c’était la promesse d’une modernité enfin conquise. Pour d’autres, le signal d’alarme d’une dilution du swing, sacrifié sur l’autel du “plastic jazz”. Mais qu’on le veuille ou non, cette décennie a semé les graines de toutes les hybridations à venir : sans ces pionniers, impossible d’imaginer les explorations d’aujourd’hui (Robert Glasper, GoGo Penguin, BADBADNOTGOOD ), la “nu-jazz” scandinave (Bugge Wesseltoft) ou encore les ponts actuels entre jazz, techno et hip-hop.
Le jazz des années 80, en intégrant les premières formes d’électro, a ouvert son propre espace-temps, ni tout à fait synthétique, ni tout à fait acoustique. Le jazz n’a pas perdu son âme, il l’a branchée sur le futur. Pour celles et ceux qui aiment le frisson des premiers pas, il y a dans ces albums une énergie brute, une magie de l’inconnu. Le jazz, décidément, voyage là où on n’ose jamais l’attendre.
Pour aller plus loin :
- Red Bull Music Academy (dossier spécial sur la fusion jazz-électro)
- Synthtopia (histoire des synthés dans la musique)
- Jazz Magazine, Hors Série “Jazz and the machines”, 2019
- Spotify playlist “Electro-Jazz 80’s Essentials”