Si on devait dire en quoi les années 1960 ont bouleversé le jazz, ce serait dans cette soif d’ouverture, ce refus — quasi rageur — de tout dogme. Plus de chefs, plus d’écoles fermées : on improvise, on s’empoigne, on invente. Le jazz prend alors tour à tour le visage d’une contestation, d’un manifeste en mouvement, d’un miroir turbulent d’une société elle-même en révolution permanente. La décennie laisse en héritage deux leçons majeures : la liberté comme moteur, et le métissage comme richesse.
Aujourd’hui, si le jazz ne cesse de muter et de s’entrelacer à toutes les musiques du monde, c’est qu’il porte en lui cet élan irrépressible, né dans les années 1960, de toujours recommencer, d’inventer d’autres feux, d’autres paysages. Là où souffle l’esprit de rupture, le jazz continue de chanter — envers et contre tout.
Sources : The Guardian, NPR, The Wire, JazzDisco.org, AllMusic, archives New York Times, Liberation, Statista, RIAA.