Dès ses premiers pas à la Nouvelle-Orléans, le jazz n’a cessé de tisser des ponts. À la fin du XIXème siècle, dans ce chaudron bouillonnant de cultures, esclaves affranchis, immigrants d’Europe, héritiers des spirituals et des fanfares créoles s’entremêlent. Les premières notes de jazz sont déjà marquées du sceau du mélange : ragtimes afro-américains, marches militaires françaises, rythmes de vaudou caribéen (Smithsonian Magazine).
Ce foisonnement initial a imprimé au jazz un ADN ouvert, curieux de tout. Pas étonnant que chaque nouvelle décennie apporte avec elle une nouvelle greffe, savamment orchestrée par des musiciens assoiffés d’autres horizons : Dizzy Gillespie découvrant les rythmes cubains avec Chano Pozo, John Coltrane fasciné par les ragas indiens, Herbie Hancock, pionnier de la fusion électro.