C’est une évidence, mais elle étonne toujours à la première écoute : un saxophone jazz qui glisse sur une bossa nova, une batterie qui lance la samba, un piano voilé d’accords sophistiqués à la Bill Evans. Le jazz et les rythmiques brésiliennes vibrent ensemble, comme si l’un était l’écho de l’autre. Derrière cette alchimie, il y a une histoire profonde de dialogues, d’exils, de transatlantiques et de rencontres inopinées sous le soleil de Copacabana comme dans les clubs enfumés de New York.
Pourtant, rien ne semblait écrire d’avance cette idylle : d’un côté, le jazz né dans la chaleur moite de La Nouvelle-Orléans, brassant Afrique, Europe et rêve américain ; de l’autre, le Brésil, creuset des cultures indigènes, africaines et portugaises, où les tambours parlaient avant les mots. Mais dès les années 1940 et 1950, ces deux musiques se sont découvertes, pour ne plus jamais se quitter.