La fin des années 60 aura vu éclore la grande explosion du free jazz, la Nouvelle Vague, la soul qui éclabousse, le rock psychédélique hors piste. Et en 1970, les barrages cèdent : le jazz embrasse la mutation, s’arrache à ses carcans, s’électrifie. C’est l’époque bénie où les frontières n’existent plus, où chaque musicien veut tout tenter, tout risquer, tout mêler.
Du Miles Davis de Bitches Brew (1970) à Herbie Hancock période Headhunters (1973), en passant par Weather Report, Sun Ra ou les premiers pas de l’Afrobeat dans les studios de Lagos avec Fela Kuti et Tony Allen, tout le monde invente (sources : NPR, AllMusic, Pitchfork).
- Le jazz électrique : Miles, Hancock, Coryell, McLaughlin… l’électricité entre dans les veines du jazz et le transforme à jamais.
- Le groove fusion : Les rythmes funk, rock, soul et même disco irriguent les improvisations. La basse devient héroïne, la batterie pulse différemment.
- Une ouverture totale : Les influences latines, indiennes ou africaines s’insinuent dans les mélodies, Eric Dolphy côtoie Pharoah Sanders, le Brésil claque sur les cymbales de Dom Um Romao ou Airto Moreira.
Le jazz des années 70 n’est pas une façade, c’est un terrain vague traversé par des foules colorées. Cette effervescence créative, parfaitement capturée sur vinyle, fascine les diggers : chaque disque, même le plus obscur, est une promesse d’aventure.