“Jazz”, oui, mais pas que. Les artistes d’aujourd’hui cherchent d’autres territoires sémantiques. Thomas de Pourquery préfère parler de “musique libre”. Terri Lyne Carrington, batteuse prodige et lauréate de trois Grammy Awards, résume ainsi : “Le jazz n’est pas qu’une musique, c’est une manière d’habiter le temps.” (DownBeat, 2022).
Ce refus de l’étiquette n’est pas un rejet de l’héritage : au contraire, il traduit le désir de pousser les murs pour que l’esprit d’innovation, cher à John Coltrane ou à Ornette Coleman, continue d’infuser dans chaque note. Les collectifs londoniens, comme Ezra Collective ou Kokoroko, revendiquent autant le jazz que l’afrobeat, le hip-hop ou les musiques caribéennes. Pourquoi tout vouloir nommer ? N’est-ce pas l’informel, l’éclosion, qui fait vibrer cette musique ?