La reconfiguration permanente du jazz contemporain fait que la fusion avec l’Inde demeure une source d’inspiration inépuisable. Avec la montée du streaming, les jeunes musiciens indiens collaborent en temps réel avec des producteurs ou instrumentistes du monde entier. Des artistes comme Rohan Chander (aka itsrohan) ou Aditya Prakash (spécialiste du chant carnatique engagé dans le jazz expérimental US) sont à suivre de près.
Citons aussi la scène dublinois (Redivider, Mano Trio), la convergence d’ensembles comme Orchestre National de Jazz + Tarun Balani (batterie, composition), de même que les productions World Music Institute/NYC ou Jazz re:freshed à Londres.
Si la fusion indo-jazz reste une niche, elle s’impose comme une fabrique à chefs-d’œuvre secrets, un territoire pour improvisateurs radicaux et rêveurs patentés. Dans le sillage de Shakti, Ravi Shankar ou Vijay Iyer, on peut s’attendre à ce que la prochaine décennie voie se multiplier les expériences hybrides, entre spiritualité et groove, entre virtuosité et abandon.
Chaque musicien y apporte son chemin, ses cicatrices, son héritage. Rien n’est figé, tout reste ouvert sur l’inconnu du prochain chorus. Une route toujours à inventer — et c’est ce qui fait battre le cœur du jazz depuis un siècle.