Impossible d’être exhaustif, tant le genre se réinvente au fil des clubs et des nuits. Mais voici les pépites qui déplacent les foules, du sous-sol parisien au rooftop new-yorkais.
Bugge Wesseltoft – “Change”
Le pape norvégien du jazz “New Conception” livre ici un coup d’avance sur son époque (1996, label Jazzland Recordings). Un piano qui palpite, un groove ample, des percussions minimales et des synthétiseurs qui virevoltent. Dès les premières mesures, l’atmosphère s’embrase, oscillant entre l’introspection scandinave et la fièvre du dancefloor.
St. Germain – “Rose Rouge”
Classique parmi les classiques (Blue Note, 2000). Sur un sample obsédant de Marlena Shaw (“Woman Of The Ghetto”), Ludovic Navarre injecte un swing ravageur, une basse pulpeuse, des cuivres aussi hypnagogiques qu’un rêve éveillé. Le titre a traversé les décennies, des clubs de Chicago aux raves berlinoises, sans perdre de sa magie (voir Resident Advisor).
GoGo Penguin – “Raven” (Clark Remix)
Le trio mancunien fait dialoguer son jazz cinématique avec l’esprit IDM de Clark. Batterie tendue comme un fil, piano martelé façon Philip Glass, basses subaquatiques : un orage électronique qui ne relâche jamais la tension. L’alliance idéale pour des clubs où le public demande l’inattendu.
Nubya Garcia – “Pace” (Moses Boyd Remix)
Icône de la scène londonienne, Nubya Garcia voit son jazz spirituel propulsé par le beatmaker Moses Boyd (héros de la nouvelle drum’n’bass jazz). “Pace” version remix, c’est l’esprit du South London condensé : saxophone visionnaire, breakbeats mutants, et cette sensation d’avancée collective qui botte en touche tous les cynismes.
Matthew Herbert – “Café de Flore (Charles Webster’s Latin Lovers Mix)”
Un titre constamment cité dans les playlists de clubs alternatifs : Herbert déconstruit le jazz-house à la française, injecte des cordes sensuelles, joue avec des samples organiques. Un must pour les transitions entre moments euphoriques et phases de flottement planant.