Le jazz hybride n’est plus une curiosité ; il est devenu le terrain de jeu de toute une nouvelle génération. Les chiffres de l’International Jazz Federation montrent que sur les plus grands festivals mondiaux, 40% des programmations depuis 2019 incluent au moins un projet mêlant d’autres genres (électro, hip-hop, musiques africaines, rock, etc). Des projets comme Blue Lab Beats (Londres), Makaya McCraven (Chicago) ou encore Monsieur Mâlâ (Paris) en sont les ambassadeurs : ici, on sample aussi bien Pharoah Sanders que Kaytranada, on pose un sax free sur une basse garage, on se réapproprie les rythmes du gnawa.
Dans ce contexte, le rôle du producteur évolue. Il ne s’agit plus seulement de chercher “le meilleur joueur”, mais d’anticiper les frictions fécondes, de provoquer la bonne étincelle. Le jazz hybride, c’est un peu comme assembler une équipe de super-héros aux pouvoirs contraires, en espérant qu’ensemble ils inventent plus grand que la somme de leurs talents. Mais comment s’opère ce casting minutieux ?