Depuis l’enfance, Robert Glasper baigne dans le croisement des mondes. Né à Houston en 1978, élevé par une mère chanteuse de gospel, il grandit entre le sanctuaire de l’église et la rue, entre l’effervescence du jazz texan et la chaleur du hip-hop new-yorkais. En rejoignant The New School for Jazz and Contemporary Music à Manhattan, il puise aussi bien chez Herbie Hancock que chez J Dilla. Cette double culture devient la matrice de toute sa production.
Le point de rupture ? “Black Radio”, paru en 2012 chez Blue Note, album-frontière où s’entremêlent les voix d’Erykah Badu, Bilal ou Meshell Ndegeocello, dont la pluralité revendique déjà une certaine vision du monde. Loin de l’exercice de style branché, l’album s’impose comme un manifeste esthétique et politique qui offre au jazz de nouveaux territoires, tout en lui rappelant ses racines afro-américaines. “Je ne veux pas que le jazz devienne un musée”, répète Glasper (NPR, 2012). À chaque projet, il met ainsi un point d’honneur à garder vivante la tradition de la rencontre, du dialogue, de la transmission—l’essence même du jazz.
Quelques chiffres pour mesurer l’impact
- “Black Radio” : Grammy Award du Meilleur album R&B (2013), tournée mondiale de plus de 120 dates.
- Plus de 1,5 million d’écoutes mensuelles rien que sur Spotify (chiffres début 2024), preuve de la transversalité de sa musique.
- Trois volumes de la série “Black Radio”, chacun célébré pour sa capacité à rassembler des artistes issus de sphères musicales et générationnelles variées.