Ce qui vibrait dans les clubs new-yorkais des années 90 trouve aujourd’hui son prolongement dans l’explosion du jazz métissé. Les frontières n’existent plus que pour être franchies, triturées, voire moquées dans de nouvelles traversées sonores. Des sons mondialisés, une créativité sans carte d’identité fixe. Si les nineties étaient un laboratoire, c’est que la ville refusait d’héberger un jazz muséal. Elle l’a jeté dans le grand bain de la ville-monde, et tous les courants s’y sont jetés à leur tour.
De Bamako à Paris, de Londres à Tokyo, impossible de comprendre le jazz moderne sans revenir à ces nuits folles. À l’écoute de cette décade new-yorkaise, on comprend que le plus beau voyage du jazz commence toujours là où s’arrêtent les étiquettes.
— Sources principales : NPR, JazzTimes, Pitchfork, The Jazz Discography, New York Times, archives Knitting Factory.