La meilleure façon de sentir la vitalité du mouvement, c’est d’écouter les artistes qui font rayonner l’esprit DIY. À commencer par Shabaka Hutchings, qui a monté nombre de ses projets avec une indépendance farouche avant de se voir courtisé par les majors. Ou encore Yazz Ahmed, trompettiste et compositrice britannique, qui a autoproduit et enregistré son disque « La Saboteuse » dans son salon, avant de le proposer sur Bandcamp ; il est aujourd’hui salué comme une des œuvres phares du jazz hybride.
Aux États-Unis, Makaya McCraven bricole et sample ses propres sessions live pour produire des albums conceptuels, sans jamais passer par une maison de disques – ou seulement lorsqu’elle laisse la main libre. En France, la chanteuse Leïla Martial mêle performance vocale, bruitages et effets maison dans de petites structures auto-gérées.
Ce qui relie ces trajectoires ? Un refus des diktats de formatage, des carrières qui ne ressemblent à rien d’autre qu’à elles-mêmes. Leur public, international, se rassemble via les réseaux sociaux, les micro-festivals, et fait remonter la vague de la base vers le sommet.