Au fond, on ne naît pas Flying Lotus, on le devient. Né en 1983 à Los Angeles, Steven Ellison baigne dès l’enfance dans un nuage de notes bleues et de rythmes mutants. Sa grande-tante ? La mythique Alice Coltrane – pianiste, harpiste et prêtresse mystique du jazz. Son cousin ? Ravi Coltrane, saxophoniste de haut vol. Chez les Ellison, le jazz n’est pas une option mais une langue maternelle. Pourtant, le jeune Steven danse d’abord sur d'autres partitions : celles du hip-hop, des jeux vidéo Sega, des dessins animés, de la beat culture californienne.
Le terreau familial propulse Flying Lotus sur la voie d’une hybridation radicale. Il puise dans la tradition sans en être prisonnier : les harmonies cosmiques d’Alice Coltrane infusent certes dans “Until The Quiet Comes” (2012), mais Electrabel (pseudonyme d’Ellison à ses débuts) lorgne aussi du côté de J Dilla, Madlib ou Aphex Twin. Dans “Cosmogramma” (2010), Ellison élève la conversation : samples de harpe, saxophone fulguant (signé Ravi Coltrane), batteries distordues et basse vrombissante s’entrechoquent, fusionnant jazz modal et textures électroniques élastiques.
- Alice Coltrane, une des rares femmes à avoir marqué l’histoire du jazz spirituel, a transformé son ranch de Californie en ashram musical dans les années 80 (source : NPR).
- Flying Lotus hérite de cette volonté d’ouverture vers d’autres mondes et médias, tissant des ponts non seulement entre les genres musicaux, mais aussi entre cultures (source : Pitchfork).