Qui aurait parié, il y a trente ans, que le zen du jazz et l’urgence urbaine du hip-hop accoucheraient d’un tel élan créatif ? Que des producteurs guru de l’ordinateur deviendraient les nouveaux architectes du jazz moderne ?
Alors que d’autres genres tentent de préserver leurs frontières, le jazz — par le truchement des beatmakers hip-hop — invente sans cesse de nouveaux visages. Dans l’ombre des studios comme sur scène, ces faiseurs d’ondes tracent des routes inédites entre hier et demain. Violences du sampler, douceurs du Rhodes, fulgurances rythmiques… la recherche esthétique est devenue lutte pour la surprise. Le jazz, cette vieille mosaïque, y trouve là de nouveaux éclats, et un avenir qui pulse à coups de snares et de samples.
Pour qui sait écouter, il n’a jamais aussi bien porté son costume d’aventurier.