Qu’est-ce que nous disent ces retours multiples ? Rien d’une nostalgie sèche, tout d’une créativité fractale. Le jazz du XXIe siècle se réapproprie son histoire pour mieux la détourner, la chambouler, la célébrer. Il n’hésite pas à injecter le swing ou le hard-bop dans la drum’n’bass, à convoquer spirituelles et free forms dans une même nuit, à faire vibrer la vieille note bleue sous tous les codes du présent.
Une nouvelle génération entend être à l’écoute des anciens sans se contenter d’un passé sous vitrine — creuset permanent, toujours en mouvement, prêt à se parer des habits du gospel, de l’afrobeat, du rock et du hip-hop. L’histoire du jazz n’est donc ni un musée, ni un parti pris d’authenticité, mais une aventure collective, joyeuse, peuplée d’accidents magnifiques et de boucles infinies. De quoi donner envie de (re)découvrir, depuis son salon ou en club, la vitalité des grands courants historiques — et la façon dont, dans le souffle d’un sax ou le rebond d’une basse, ils illuminent encore le jazz d’aujourd’hui.