1. Le revival américain : Kamasi Washington et le renouveau californien
À Los Angeles, la silhouette massive de Kamasi Washington (et, autour de lui, la guilde du collectif West Coast Get Down) plane sur toutes les musiques afro-américaines actuelles. Même si Kamasi est catalogué “spirituel” ou “cosmique”, ses arrangements révèlent l’amour du groove détendu, les nappes orchestrales et la lumière mordorée du jazz West Coast. Sur “The Epic” (2015), certains titres comme “Henrietta Our Hero” marchent allègrement sur les traces du cool (Pitchfork).
- Collègues de scène comme Ryan Porter (trombone) et Cameron Graves (piano) perpétuent cette veine westcoastienne, n’hésitant pas à privilégier couleur et clarté dans leur son.
- Le trompettiste Ambrose Akinmusire (d’Oakland, voisin influencé par Baker et Miles cool période Prestige) brille sur “Origami Harvest” (2018) ou “On the Tender Spot of Every Calloused Moment” (2020), en prolongeant la langueur mélodique héritée du cool.
2. Les esprits européens : la French connection et la London vibe
“Le cool n’a pas de frontière”, disait-on dans les jam-sessions à Saint-Germain-des-Prés. Aujourd’hui, c’est à Paris, Londres ou Berlin que l’on revendique l’héritage du West Coast jazz… souvent en y insufflant une touche électro ou world.
| Artiste | Pays | Élément hérité du cool/West Coast | Œuvre à explorer |
| Laurent Bardainne & Tigre d'Eau Douce |
France |
Sens du groove détendu, orchestrations aérées, sax lyrique, climat cinématique |
“Love is Everywhere” (2020) |
| Yussef Dayes |
UK |
Batterie souple, improvisations éthérées, réinvention du cool jazz sous forme afrobeat/futuriste |
“Black Classical Music” (2023) |
| Mammal Hands |
UK |
Trio sax-piano-batterie, mélodies ciselées, élégance zen, ondes pastorales |
“Captured Spirits” (2020) |
| Edouard Ferlet |
France |
Pianiste, passion des dissonances et de l’équilibre “classique”, phrasing à la Brubeck |
“PIANOïD” (2021) |