Le Compact Disc a été le roi du marché, puis le grand oublié. Pourtant, il résiste, et dans le jazz, il garde son lot d’aficionados — on en vend encore plus de 3 millions par an en France (SNEP, 2023), souvent sur les stands de concerts, là où le public recherche à la fois la fidélité audio et l’objet signé, tangible.
- Qualité audio supérieure : Pour les enregistrements riches en nuances, le CD garde une longueur d’avance sur la compression du streaming, surtout sur les productions “audiophile” de labels comme ECM ou Hat Hut Records.
- Accessibilité : Le CD reste accessible pour une génération pas totalement convertie au tout-dématérialisé, et pour l’export international (Japon, Allemagne), il est parfois essentiel.
- Bundles : Les labels malins offrent du “CD + download code”, allant même jusqu’à la triple édition vinyle/cassette/CD (voir l’approche du label français Bongo Joe).
Pour autant, le digital pèse aujourd’hui 68% du chiffre d’affaires musical mondial (IFPI, 2023) — le streaming (Spotify, Tidal, Deezer, Qobuz) reste le premier canal de découverte. C’est là, souvent, que naît l’engouement, avant que ne vienne l’envie de toucher, de posséder, de collectionner.
Le règne du Bandcamp et des plateformes orientées indépendance
Au royaume du digital, Bandcamp (probablement la plateforme la plus chérie des labels indépendants) a changé la donne. Pas seulement parce qu’elle offre un paiement plus équitable (10 à 15% de commission, contre 30% pour iTunes/Apple Music), mais surtout parce qu’elle autorise la vente multi-format — WAV/FLAC/MP3, mais aussi bundle physique/digital. Beaucoup de labels y voient un espace où chaque sortie est personnalisable, où l’artiste reste maître du dialogue avec son public.
Le format numérique, paradoxalement, offre une grande liberté dans les choix d’encodage (du simple MP3 320k à l’audio Hi-Res 24 bits), selon la philosophie du label. Seule limite : l’horizon de l’auditeur, qui pourra préférer la praticité à la pureté sonore.