Le jazz, par essence, est une musique de l’instant. Mais l’instant, en automne, semble suspendu : il s’étire, se replie sur lui-même, invite à l’introspection. Les standards mélancoliques du jazz, écrits entre crises et lendemains incertains, dialoguent avec cette saison qui hésite entre lumière et nuit, chaleur et frissons. Rien d’étonnant à ce que ce soit en octobre 1947, à Paris, que Chet Baker enregistra la version la plus douce-amère de “Autumn Leaves” — un morceau qui, plus que tout autre, incarne la lente descente des feuilles mortes (Source : Les Inrocks).
L’histoire du jazz regorge de ces instants suspendus. Bill Evans, bouleversé par la perte de son ami Scott LaFaro, enregistra “Waltz for Debby” quelques semaines après ce drame. Chaque note y semble caressée par une brise d’octobre. Quant à John Coltrane, c’est dans la pénombre des clubs d’hiver qu’il livra ses improvisations les plus nuancées, révélant inlassablement la palette d’émotions qu’offre l’automne (Source : Jazzwise Magazine).