Le sax nordique : Jan Garbarek & The Hilliard Ensemble, "Officium" (ECM, 1994)
Impossible de parler jazz ambient sans évoquer le label allemand ECM, véritable laboratoire du genre. En 1994, ils publient "Officium", une rencontre surnaturelle entre le sax lyrique de Jan Garbarek et un quatuor vocal médiéval. Le disque sonne comme une cathédrale vide au petit matin, chaque note prenant le temps d’exister avant de s’effacer. Pas étonnant que l’album se soit vendu à plus d’un million d’exemplaires (source : Jazzwise).
Les nuages électriques : "In a Silent Way" de Miles Davis (Columbia, 1969)
Ici, tout bascule : Miles entame son virage électrique. "In a Silent Way" est une méditation flottante, où les musiciens jouent l’espace, le silence et l’audace. Joe Zawinul aux claviers, John McLaughlin à la guitare – la crème réunie pour tisser une fresque qui a inspiré générations de producteurs ambient, jusqu’à l’ambient techno des années 90 (NPR).
La relève britannique : Yussef Kamaal, "Black Focus" (Brownswood, 2016)
Le jazz ambient n’est pas qu’affaire de Scandinaves ou de New-Yorkais rêveurs. À Londres, Yussef Dayes (batterie) et Kamaal Williams (claviers) ont injecté au genre une bonne dose de groove urbain, de synthés cosmiques, et surtout une spontanéité folle. Ce disque fait le lien entre Herbie Hancock et Flying Lotus. Parfait pour s’évader sans quitter la ville.