2024, c’est l’année où le jazz-world retrouve une nouvelle jeunesse. Explosion des festivals “crossover” (Jazz à Vienne, WOMEX, Crossroads de Saint-Herblain), apparition de collectifs comme Kokoroko ou Nubiyan Twist qui marient jazz, afrobeat et neo-soul, réédition d’albums historiques (pensez à “African Suite” d’Abdullah Ibrahim) : ce sont autant de signes que l’esprit pionnier du jazz ne s’est jamais tari. Les chiffres donnent le tournis : selon le magazine DownBeat, plus de 20 % des sorties jazz actuelles revendiquent une influence dite “world”, avec une présence accrue sur les grandes plateformes (Jazzwise, France Musique, Fip Jazz).
Ce n’est pas un hasard si le jazz-world est devenu la bande-son officieuse des road trips contemporains. C’est une musique qui refuse la ligne droite, préfère bifurquer, caresser l’imprévu, et transforme chaque carrefour en promesse. Voilà pourquoi, lorsque l’asphalte fond sous l’été, ce sont toujours les rythmes bigarrés du jazz-world qui triomphent sur la route.