Jazz à Vienne a toujours eu le flair de décloisonner. Dès les années 1980, il fait venir des artistes que peu de festivals européens osaient inviter : Gilberto Gil, Salif Keita, Manu Dibango, Toots Thielemans… Une mosaïque sonore qui affirmait – avant l’heure – une vision globale du jazz, comme espace de dialogue entre les continents.
Éclats de la scène africaine et caribéenne
- Le “Nuit Africaine”, institution du festival, a vu défiler Rokia Traoré, Cheikh Lô, Youssou N’Dour et Fatoumata Diawara. On y a souvent entendu les polyrythmies mandingues répondre au jazz modal new-yorkais.
- En 2019, la création “Caribbean Jazz Connection” rassemblait le pianiste cubain Roberto Fonseca et la chanteuse martiniquaise Jocelyne Béroard, signe tangible que la créolité s’accorde aussi dans le jazz.
Zoom sur la fusion hip-hop/electro : la nouvelle vague
Dans les années 2000, Jazz à Vienne pressent l’irrésistible montée en puissance du hip-hop fusionné au jazz. Les noms : Erik Truffaz, Bugge Wesseltoft ou encore Robert Glasper y électrisent le public alors qu’une génération émergente — Shabaka Hutchings, Nubya Garcia ou Yussef Dayes — arrive en force, souvent en coproduction avec l’Angleterre, berceau du nu jazz.
| Année |
Artistes Fusion |
Genre(s) |
| 2011 |
Chinese Man |
Electro, jazz, hip-hop |
| 2016 |
Snarky Puppy |
Jazz fusion, funk, world |
| 2018 |
Ibrahim Maalouf |
Jazz oriental, hip-hop |
| 2022 |
Electro Deluxe |
Soul, funk, electro-jazz |
Ce bouillonnement scénique a fait de Vienne un laboratoire où la fusion n’est pas une exception mais bien la norme, célébrée et attendue autant par les artistes que par le public.