Les puristes s’en arrachent les cheveux : écouter du jazz aujourd’hui, c’est tutoyer l’indiscipline. Dès les années 1920, la musique inventée à La Nouvelle-Orléans était déjà métisse : ragtime côtoyait gospel, blues et folklore caribéen. Cent ans plus tard, le jazz n’a rien perdu de cette fringale d’alliances. On parle volontiers de "jazz hybride" pour englober ce qui sort de la stricte orthodoxie du swing ou du be-bop : afro-jazz, nu jazz scandinave, fusions latines, électro-jazz, et même incursions dans le métal ou le rap.
Les festivals hybrides sont devenus les laboratoires d’une musique qui s’autorise tout, et où chaque édition réinvente le menu. D’après France Musique, plus de 200 festivals de jazz ont lieu en France chaque année – et la moitié d’entre eux intègrent aujourd’hui au moins un projet mêlant jazz à d’autres univers (source : France Musique). Ce n’est plus une tendance ; c’est la norme.